jeudi 10 juin 2010

L'amour c'est mieux à deux (de Dominique Farrugia et Arnaud Lemort) sortie le 05 mai 2010


Genre : Comédie

Avec Clovis Cornillac, Virginie Efira, Manu Payet, Annelise Hesme, Laurence Arné, Shirley Bousquet

Synopsis :

Michel (Clovis Cornillac) est un homme sentimentalement troublé. Celui-ci ne voit le grand amour arriver que par le fruit du hasard, ce qui lui vaut d'être célibataire. Vincent (Manu Payet), son ami de toujours, voit la relation amoureuse sous un autre angle : la liberté et la sexualité. Ni l'un ni l'autre ne semble cependant avoir raison lorsque deux amies viennent troubler leurs vies respectives.

La critique :

Si le titre vous fait penser à une histoire mélancolique tirée d'un roman de gare à la couverture rosâtre, il en est tout autrement dans cette comédie certes sentimentale mais avant tout délurée.

Pour la quatrième fois, Dominique Farruggia s'exerce au métier de réalisateur et on a l'agréable sensation que cela commence à fonctionner. Accompagné d'Arnaud Lemort, il nous offre une histoire originale même si elle est à la fois banale. Originale car le grand écran n'offre que peu de place aux scripts relatant la vie quotidienne dans toute sa simplicité et banale car il s'agit d'une histoire un peu loufoque et exagérée à souhait mais pourtant tout à fait répandue dans notre société. En agrémentant son film d'un aspect comique, le réalisateur fait oublié la tristesse et le côté dramatique de ses personnages. Il vous arrivera à plusieurs reprises de vous faire surprendre par les cinglantes et vulgaires répliques de nos célibataires. En effet, le sexe est décrit quelques fois comme le ciment du couple et ici, il s'agit bien du clou nécessaire à faire tenir le fil rouge de l'histoire. Mais attention, même si les dialogues ne volent pas très haut et tournent en général autour de la ceinture, il n'en demeure pas moins que le "trash" y est absent car on n'y est surenchérit.
Concernant l'aspect psychologique ou encore philosophique que certains pourraient venir chercher, nous leur conseillons vivement de s'abstenir car si il y a bien un film qui n'en possède pas ou presque, c'est bien celui-ci. Mis à part les clichés et les stéréotypes mille fois repris dans d'autres longs métrages, le film ne se pose pas en génie de la morale universelle. Un manquement qui n'en est pas vraiment un en ces temps d'austérité et de prise de conscience.

Que dire alors du casting qui nous offre une palette d'acteurs peu connus mis à part quelques-uns. On a dans le rôle principal un Clovis Cornillac comme on aime le voir. L'acteur vedette de ce film y joue ce qu'il fait de mieux, le tragi-comique. Non pas qu'il soit mauvais dans d'autres films (même si ça lui est arrivé) mais cet aspect qu'il laisse entrevoir semble se rapprocher de sa vraie nature. Un rôle sur mesure qui plaît et enchante durant toute la durée de la bobine. A côté de lui, on a placé le très controversé Manu Payet. L'humoriste ou habile troubadour nous avait laissé sur notre faim après sa piètre prestation dans le film "RTT" qui l'était tout autant. Le trentenaire ne me plaira peut-être jamais au cinéma et il faudra certainement du temps et beaucoup de patience pour qu'un jour il puisse faire passer au spectateur une quelconque tristesse ou un sentiment de colère. Mais il faut avouer que le rôle qu'il incarne ici lui colle bien et il est même intéressant de voir que pour une fois il ne surjoue pas trop.
Il faut ensuite parler de Virginie Efira. L'actrice belge, qui est avant tout présentatrice, étonne à nouveau le public et la critique par son jeu quasi parfait. De la blonde écervelée à qui elle avait prêté son corps dans "Le siffleur", elle arrive à cette femme expérimentée aux allures beaucoup plus classes. De par son seul regard, elle a la capacité de transpercer son compagnon de scène et de faire comprendre l'essentiel de ses pensées aux spectateurs. Une présence non négligeable et surprenante.
Enfin, il ne faut pas oublier de citer les deux excellentes actrices que sont Annelise Hesme et Laurence Arné. Si la première possède une palette émotionnelle de premier choix, la seconde possède le charme de la comédienne. Laurence Arné n'était que peu connue et mérite de s'émanciper dans le cinéma français et plus particulièrement dans la comédie.

En résumé, à défaut d'avoir affaire à un film ambitieux et intelligent, on nous offre un film audacieux et divertissant.

Point positif : L'excellente prestation des comédiens et des comédiennes. Tout le monde assure son personnage et reste à sa place.

Point négatif : Le manque de surprises. Tout y est déjà vu et rien ne surprend le spectateur qui sent arriver la cavalerie à chaque bataille.

Note : **

mardi 8 juin 2010

Le témoin amoureux (de Paul Weiland) sortie le 25 juin 2008


Titre en anglais : Made of Honor

Genre : Comédie romantique

Avec : Patrick Dempsey, Michelle Monaghan, Kevin McKidd, Kadeem Hardison, Beau Garrett

Synopsis :

« Tom et Hannah », une longue histoire d’amitié débutée à la faculté lors d’une soirée bien arrosée. Depuis lors, ils sont comme les deux doigts de la main… Pour Tom, courir les jupons est un sport de haut niveau dans lequel les règles sont primordiales et infranchissables tout en évitant la moindre trace d’engagement. Hannah, quant à elle voit la vie d’un autre œil, travailleuse et sérieuse, entre amour et amitié pour Tom son cœur balance. Ils mènent leurs vies comme telles jusqu’au jour où, pour son boulot, Hannah se voit obligée de quitter New York et de se rendre en Ecosse pour quelques semaines. Tom se rendra vite compte qu’Hannah lui manque énormément et que, sans s’en apercevoir, il l’aime plus qu’il ne le croyait. Malheureusement pour notre Don Juan, Hannah revient au bras de Colin, son futur mari. Afin que cet évènement soit le plus beau jour de sa vie, Hannah demande à Tom d’être sa demoiselle d’honneur… A partir de cet instant, Tom n’aura que quelques semaines pour prouver à Hannah qu’il a changé et que pour lui la femme de sa vie n’est autre que sa meilleure amie.

Critique :

Sortez violons, contes de fées et princes charmants… Pour le coup, vous avez la panoplie complète du film romantique version « clichés ». Alors que « Le mariage de mon meilleur ami » avait remporté un certain succès à la fin des années 90 avec une Julia Roberts interprétant à merveille une briseuse de couple drôle, attachante et si peste à la fois, notre pauvre Dr Mamour (Patrick Dempsey) fait pâle figure. Apparemment la recette pour faire un film est simple : prenez un film qui date d’il y a 10 ans, inversez les rôles des personnages principaux, trouvez un acteur phare des magazines féminins de l’époque et hop… le tour est joué. Bref, rien d’inédit.
Patrick Dempsey ne se mouille pas bien fort dans ce genre de rôle qu’il a déjà interprété à mille et un reprises… Depuis 2005 nous le retrouvons dans la série « Grey’s anatomy » dans laquelle il interprète le beau Dr Derek Sheperd alias Dr Mamour, neurochirurgien prestigieux et talentueux qui tombe les filles en un rien de temps, il récidivera en 2009 dans « Il était une fois… » mi-film mi-dessin animé où il est carrément le prince charmant dans toute sa splendeur et en 2010 dans « Valentine’s Day ». Il serait légitime de se demander s’il est capable de sortir de son rôle de joli cœur et de nous offrir une autre facette de son jeu d’acteur. Restons objectif : Il ne s’agit jamais de rôles de composition mais il faut avouer qu’il a la tête de l’emploi et qu’il a su en faire craquer plus d’une.
Hannah (Michelle Monaghan) représente la jeune femme à la recherche de l’homme parfait même si son cœur bat pour le plus sombre des goujats, elle rêve au prince charmant comme une petite fille de six ans connaissant par cœur ses classiques de Disney. Elle aspire à un beau et grand mariage, avec la somptueuse robe blanche, une belle cérémonie avec ses amis venus pour célébrer son bonheur. Quoi de plus cliché et pourtant… tant de petites filles devenues adultes se sont laissées emporter par ces idées en visionnant ce film.
Nettement plus variée dans ses choix cinématographiques, de « Mr and Mrs Smith » à « Mission impossible 3 » en passant par « Gone baby gone », elle enchaine les rôles à vive allure depuis bientôt 10 ans.
Le témoin amoureux reste un concept bateau, facile à exploiter et qui, malgré cela, fera mouche. L’humour rehausse le scénario qui, après dix minutes, n’a plus beaucoup de mystère.

Point positif : Le plaisir de yeux pour les fans du fameux Dr Mamour. Plus d’une heure trente de rêveries pour les inconsolables fleurs bleues.

Point négatif : Tout au plus le film du dimanche après-midi. Une absence totale de suspense ou de nouveauté.

Note : **


mardi 1 juin 2010

Sans laisser de traces (de Grégoire Vigneron) sortie le 10 mars 2010 en France


Genre : Thriller, Drame

Avec Benoît Magimel, François-Xavier Demaison, Julie Gayet, Léa Seydoux, Jean-Marie Winling

Synopsis :

Etienne Meunier (Benoît Magimel) se voit proposer le poste de président dans la société qui l'emploie depuis quelques années déjà. Ayant un bon salaire et étant marié à la fille du patron de la boîte, il a tout d'une vie idyllique. Mais pourtant, celui-ci est pris de remord car le poste qu'il occupe aurait du revenir à un homme auquel il a volé une formule chimique pour un détergent révolutionnaire. Se rendant chez cet homme en compagnie d'un ami d'enfance (François-Xavier Demaison) pour lui proposer un dédommagement, la discussion dégénère jusqu'à l'homicide.

La critique :

Quelle surprise qu'une histoire censée se dérouler en France se voit planter le décor de Bruxelles. Une surprise étonnante mais aussi et surtout intéressante. En effet, le réalisateur a décidé de tourner son film en Belgique et plus particulièrement à Bruxelles (environ 90% des scènes). Une idée qui peut sembler saugrenue au départ mais qui a tout son sens quand on connaît l'histoire de fond. Bruxelles possède toutes les caractéristiques requises pour pimenter l'histoire : un climat nuageux et grisâtre entraînant l'inquiétude, des grattes-ciels en plein centre-ville d'une architecture moderne faisant penser à l'impersonnalité des métropoles américaines de moyenne envergure et enfin, des quartiers où seul le béton est de mise telle une banlieue lugubre des pays de l'ancien bloc de l'Est. Un décor qu'on aurait pu transposer seulement à Paris mais pour un prix beaucoup plus élevé et dans des quartiers déjà filmés dans une kyrielle de film. Un "exotisme" à saluer.

L'histoire quant à elle est moins exceptionnelle même si elle demeure cohérente et intelligente. La production a voulu parler de son film en tant que thriller, ce que nous relativisons légèrement. Il s'agit bien d'un thriller de par le meurtre et l'obsession du personnage à effacer toutes traces de celui-ci mais l'histoire présente avant tout un intérêt psychologique et moral. Effectivement, autour de l'histoire s'articule toute une série de questions. Tout d'abord autour du personnage principal via ses remords envers l'homme qu'il a volé, ses doutes sur sa relation conjugale, ses difficultés à avoir un enfant, son manque de repère vis-à-vis de ses origines modestes et enfin, sa manie de vouloir tout acheter. Ensuite, on a son compère, Patrick Chambon qui se présente comme un enfant capricieux, qui n'a aucune retenue et qui agit impulsivement. Ce personnage est à la fois l'ami, l'ennemi et le complice d'Etienne Meunier. C'est à la fois sa bonne et sa mauvaise conscience.

On peut donc dire pour résumer tout cela que Grégoire Vigneron a habillement manié la caméra pour faire ressortir une trame de fond et une intensité émotionnelle beaucoup plus importante que l'histoire en elle-même. Pour sa première réalisation, après s'être épanoui dans la rédaction de scénarios comme ceux du "Petit Nicolas" ou encore "Molière", on ne peut qu'applaudir le résultat.

Pour incarner les personnages, on a fait appel à des acteurs français connus mais également à des belges. On a, dans le rôle principal, l'excellent Benoît Magimel pour incarner l'homme qui sera la clé de voûte de l'histoire. De par son expérience acquise dans les grandes productions, il apporte la touche dramatique que seul (ou presque) son personnage pouvait apporter. Une prestation excellente et à la hauteur de l'histoire. A côté de lui, on a repris un plus jeune acteur en la personne de François-Xavier Demaison. Le trentenaire et ancien fiscaliste nous étonne et nous épate dans son rôle de grand enfant. Même si quelques expressions sentent encore l'exagération et la clownerie, sa prestation reste professionnelle et en concordance avec son acolyte. Un rôle à sa hauteur après le moins exigeant qu'il a fourni dans "Le petit Nicolas".
Ensuite, il faut parler de Julie Gayet. L'actrice enchaîne les productions ces derniers temps qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Il est à parier qu'elle soit en quête de notoriété et de premiers rôles. Cela pourrait très bien venir de cet opus qui lui offre ce qu'elle aime : un personnage en mal de vivre et en mal de repères. Elle s'y installe de belle manière oubliant même sur sa route sa pudeur. Un rôle rempli de désespoir et à la fois d'empathie.
Enfin, la seconde actrice à partager l'écran est Léa Seydoux. La jeune femme porte un lourd fardeau en ayant des liens de parenté avec les présidents de Pathé et de Gaumont. Et pourtant, on peut penser que c'est plutôt l'inverse. En effet, même si son jeu n'est pas mauvais, il n'est pas bon non plus. Il est bourré d'immaturité (ce qui est souvent le cas à cet âge là) mais surtout il sonne quelques fois faux et nous fait vite penser à une scène mal répétée. A revoir en lui laissant le bénéfice du doute.
En outre, il faut saluer la prestation scénique du belge Stéphane De Groodt, il joue un policier effacé mais lui donne toute la crédibilité dont il a besoin par l'expression faciale qu'il laisse entrevoir.

En résumé, une histoire banale en surface mais complexe en sous-sol donne la possibilité aux acteurs de se surpasser.

Point positif : La profondeur de l'histoire ne laisse pas le spectateur amorphe.

Point négatif : La bande sonore est quelques fois un peu bâclée et ne permet pas au public de rentrer plus aisément dans le suspense.

Note : ***